L’omoplate est une Amérique latine découpée dans un parchemin. De ce portulan huilé par le tabac et taché par les embruns, on prend possession d’une seule main. Si les grains de beauté ont piqueté la peau qui la couvre, elle est la carte, raidie par le temps, d’une route des épices. L’os est si mince, au centre des terres, qu’il semble avoir été spécialement préparé pour recevoir le dessin ou l’écriture. Il est d’une finesse de vélin. Si l’on emploie souvent, par jeu ou par nécessité, le dos courbé d’un ami pour écritoire, c’est sans doute que les omoplates appellent les actes solennels, les mandements, les quittances qui furent autrefois rédigés sur des peaux. Ainsi l’omoplate qui sert de secrétaire est-elle souvent un palimpseste…

La vitalité des classiques, par Pierre Lepape, Le Monde, 2 octobre 1998
Régine Detambel fait de vingt-cinq os un bijou. D’observation, de sensibilité, de finesse et d’art d’écrire… "
 
Blasons, par Michèle Gazier, Télérama, 8 octobre 1998
" Parce qu’elle est écrivain et femme de culture, Régine Detambel se plaît à revisiter ces formes anciennes de poésie appelées " blasons " où l’on célébrait les parties du corps en chantant leurs beautés, leurs vertus, leur sublime fragilité… "
 
Une mise à nu du squelette, Le Quotidien du médecin, 27 octobre 1998
" En vingt-cinq textes brefs, dissèque le squelette, et, en s’en tenant à ses fonctions premières, en redessine une nouvelle géographie littéraire… "
 
Patience et âpreté : l’art de Régine Detambel, par Claudine Galéa, La Marseillaise, 7 novembre 1999
" C’est admirable d’invention et de réalité. Chaque os, ou chaque texte, est un bijou en soi. La langue est l’exact précipité d’émotions et d’intelligence qui traduit non seulement la forme mais la mémoire affective et sensorielle dont nous sommes constitués, nous, les êtres humains… "